Crise diplomatique iranienne : « Je pense qu’il y aura aussi la guerre »

« Tout est cher et la misère est partout. Tout est cher, on ne peut pas vivre. La viande est chère, le riz est cher. Ça fait un an que nous n’avons pas acheté de viande. Chaque jour ça s’empire. Je pense qu’il y aura aussi la guerre ». Les effets des sanctions sont palpables, notamment pour le peuple iranien qui subit, depuis sa révolution, les politiques impérialistes de l’Occident.

Je commencerai par indiquer que je ne soutiens aucunement le régime théocratique Iranien qui a fait souffrir ses citoyens, notamment les femmes, qui ont par exemple vu leur droit d’exister dans les espaces publics, se réduire à peau de chagrin après la Révolution de 1979. Malgré la défiance que m’inspire le gouvernement empreint de religiosité des mollahs, l’interventionnisme européen dans cette zone stratégique datant de plus d’un siècle et demi est à mettre en cause dans le manque de stabilité de cette région stratégique. Ce fut d’abord pour sa localisation comme carrefour stratégique puis pour ses sols, pétroliers et gaziers, que le contrôle du pays fut convoité par la Russie et le Royaume-Uni puis par les Etats-Unis.

Le coup d’Etat de 1953 : l’impossibilité de la réforme 

Trois questions lient tous les soulèvements de la deuxième moitié du 19ème siècle et de la première moitié du 20ème :

  • La question de la nation Iranienne qui doit se construire contre le colonialisme européen (Anglais et Russe notamment),
  • La question sociale du combat contre la monarchie absolue du Shah qui soutient les pressions extérieures tant qu’elles lui permettent de garder le contrôle du pays,  
  • La richesse naturelle du pays qui ne se transmet pas à la majorité de la population qui reste très pauvre, malgré le très grand capital détenu par les élites politiques créant une très grande inégalité.

La révolte du tabac en 1891 a introduit le clergé chiite au pouvoir politique et malgré l’échec du mouvement, ces derniers garderont une attitude de défiance vis-à-vis du pouvoir politique « modernisateur » en cela qu’il essayait de déconcentrer le pouvoir religieux. La révolution constitutionnelle avortée de 1906-1911 a fait entrevoir aux classes moyennes urbaines un degré de reconnaissance politique jusqu’alors inconnue. Les intellectuels alimentant la contestation politique anticoloniale et anti-absolutiste perpétueront cette tradition malgré la très dure répression militaire et politique de la dynastie Pahlavi.

C’est de cette classe sociale que vient Mohammed Mossedegh, le juriste démocrate anticolonialiste mais surtout très nationaliste. Cette notion doit être comprise en tant que volonté de résistance aux forces extérieures dictant la politique du souverain fantoche Mohammed Reza Pahlavi tout en unifiant le peuple iranien derrière un pouvoir qui ne serait plus légitime que par des élections. Une fois appelé pour être premier ministre par le Shah, Mossadegh initie des réformes ayant pour but de répondre aux questions ci-dessus, à savoir une sécurité sociale, une meilleure répartition des terres (jusque-là en majorité possédée par de propriétaires terriens et l’élite ecclésiastique), un contrôle des loyers, la relocalisation du  pouvoir depuis le bureau du Shah à celui du premier ministre et l’assemblée représentative (Majles) mais surtout la nationalisation de toute l’industrie pétrolière iranienne (pp : 2-7), détenue par la Compagnie Pétrolière Anglo-Persane (APOC) actuellement British Petroleum (BP) depuis 1913. Il est parvenu au pouvoir en s’appuyant sur son parti social-démocrate, le Front National  et le Tudeh, le puissant parti communiste d’Iran, notamment présent dans les industries pétrolières et manufacturières. Sans rentrer dans le détail, les Etats-Unis mais surtout le Royaume-Uni sont intervenus dans le pays par l’intermédiaire de leurs services secrets, la CIA et le MI6 (en soutenant les généraux fidèles au Shah et cherchant à réinstaller son pouvoir absolu. Ces forces extérieures sont allées jusqu’à organiser des attentats et en faire porter le chapeau au Tudeh afin de briser l’alliance gouvernementale. La raison de l’intervention est double : empêcher un autre pays de tomber dans les « griffes du communisme » (dans un contexte très tendu de début de guerre froide) puisqu’à mesure que les militaires augmentaient la pression sur le Front National, le Tudeh gagnait le soutien des classes populaires urbaines ; récupérer le contrôle de la production de pétrole iranien (10% des réserves mondiales de pétrole, 18% des réserves mondiales de gaz naturel) notamment en reprenant la ville et les terminaux pétroliers et gaziers d’Abadan.

Le premier ministre Mossadegh arrêté et emmené au tribunal.

Le régime en place de 1953 à 1978-9 a été un des plus répressifs de la région. Se disant le descendant des derniers Rois Perses, autocrate de droit divin et milliardaire, le Shah est ce qu’il y a de plus proche d’un dictateur adhérent au mode de vie occidental. C’est d’ailleurs de cette manière qu’il s’est aliéné tout le clergé chiite ainsi que les petits exploitants ruraux. La marche forcée vers « le progrès social » et le développement économique (extrêmement inégalitaire) s’est révélé très fragile et très exposé aux fluctuations des prix internationaux des hydrocarbures. La Savak, police politique répressive réduit les intellectuels au silence et les mollahs chiites en exil tout en exécutant avec ou sans procès de nombreux membres du Tudeh.

Le Front Révolutionnaire de 1978 et la prise d’otage

C’est dans cette répression que le front révolutionnaire s’est construit, bien que fondamentalement séparé entre religieux et anticléricaux. Après avoir écarté Mossadegh du pouvoir, le parti social-démocrate qui est resté après lui, Parti de l’Iran, le Tudeh, le mouvement religieux derrière Khomeiny exilé en 1964 et finalement, l’Organisation des Moudjahiddines du Peuple Iranien (OMPI), mouvement islamo-marxiste, chiite libéraux et revendiquant, avec le Tudeh, la laïcité et l’établissement d’une république centralisée (à la française, ce qui n’est pas étonnant dans la mesure où beaucoup des dirigeants de ces organisations ont fait leurs études à Paris ou Genève).

Militaires du shah tenant en joug une foule de manifestants.

Le coup d’Etat du Shah soutenu par les services de renseignement britanniques et étatsuniens n’a pas fait que déposer Mossadegh et réprimer les partis ou mouvements ci-dessus mais a aussi détruit les associations professionnelles, les syndicats ouvriers et tous les partis politiques indépendants. Cela n’a fait que séparer le régime de ses potentiels soutiens populaires du fait de la mise en place de politiques économiques bénéficiant aux 10% les plus riches de la société ; les classes moyennes et populaires, composant le front révolutionnaire, n’ayant pas de moyens légaux de pression politique, la transition économique s’est fait au prix de la pauvreté urbaine d’une population qui passe de 18,9 à 35 millions de personnes.

Avec cette rapide présentation, il est clair qu’avant le déclenchement du processus révolutionnaire, aucune faction n’avait l’avantage sur l’autre et la révolution n’a jamais été en soi islamique, plutôt elle l’est devenue après la mise en avant de l’ayatollah Khomeiny qui s’est lui-même radicalisé dans l’application des préceptes religieux. De plus, le déroulement de ces soulèvements aurait pu être complètement différent si le pouvoir du Shah et des militaires avaient accepté d’abandonner un peu de pouvoir au profit de la société civile ce qui aurait empêché la fameuse prise d’otage fatale aux relations Iran-Etats-Unis.

En février 1979, l’Assemblée des experts pour la rédaction de la première constitution se réunit et commence à travailler à la refondation politique de la société alors que les tensions grimpent entre les factions, notamment l’OMPI, le Tudeh dans le camp de la laïcisation de la société et une transition vers une démocratie sociale à l’européenne et dans l’autre les organisations islamiques plus ou moins radicales en fonction des imams et ayatollah les dirigeants. En janvier 1980, Abol-Hassan Bani Sadr est élu président, dans la ligne de Mossadegh, avec 76% des voix alors que le candidat des religieux radicaux obtient seulement 4% cependant avec le déclenchement de la Guerre Iran-Irak en septembre 1980 et la situation tendue avec les otages étatsuniens (pour les détails chronologiques), il est destitué en juin 1981 notamment du fait des menaces sur sa personne par les fidèles de Khomeiny, représentant la lutte entre la révolution sociale représentée par le gouvernement modéré de Bani Sadr et la contre-révolution religieuse située à Qom, centre religieux et conservateur du pays dit « Conseil de la révolution ».

La contre-révolution : la reprise du pouvoir par les comités islamiques et l’échec de la gauche

Pendant la révolution, une grande partie des usines s’étaient dotées de conseils ouvriers et de conseils de quartier qui, lors de la chute progressive de l’Etat impérial du Shah, ont pris le relais dans la gouvernance locale. Cependant, des comités islamiques ont également émergé, dans une moindre mesure chez les ouvriers, mais surtout au sein de la classe des marchands de Bazar, traditionnellement alliée du pouvoir religieux, qui peuvent être assimilés à la bourgeoisie libérale que l’on peut retrouver en Occident. Au nom de la lutte contre l’anti-impérialisme et à la croyance de l’unité populaire contre les restes du Shah, la gauche révolutionnaire iranienne, a petit à petit, abandonné la lutte armée et a vu ses comités ouvriers remplacés par les comités de quartiers et comités islamistes composés par les marchands des bazars ainsi que les mollahs liés à l’idéologie Khomeyniste, profondément anti-communiste (et antisocialiste), antiféministe, antidémocratique mais également anti-impérialiste. Pendant cette période qui dure du début 1980 au milieu de l’été 1981, un glissement s’effectue au sein de la population mais plus important encore de la gauche modérée, peut-être du fait des conditions de guerre et des difficultés économiques, vers l’acceptation du licenciement des ouvriers révolutionnaires qui refusent de désarmer. L’organisation des Fedayin du Peuple Iranien (majorité), parti  de centre-gauche puissant s’allie avec la République Islamique d’Iran du fait de son prisme anti-impérialiste, revendique la fin de la lutte armée et le début d’un jeu institutionnel d’élections démocratiques.

Soutien à la révolution Islamique au Liban avec des images de Khomeiny bien en évidence.

Le cœur des corps révolutionnaires se sont ainsi vus réprimés, à savoir les ouvriers, les paysans, les chômeurs, les étudiants, les femmes et les minorités ethniques. En juin 1981, deux organisations qui ne rendent pas les armes organisent des manifestations contre le clergé chiite : l’Organisation des Moujahiddines du Peuple Iranien et l’Organisation des guérillas des Fedayin du Peuple Iranien et rassemblent 500.000 personnes. Elles sont contraintes de quitter le pays et se réfugient en Irak puis en France, comme nombre d’autres organisations à partir de 1981. Les exactions contre les dissidents sont très nombreuses et impossibles à chiffrer véritablement, par exemple, l’OMPI revendique que 120.000 de ses sympathisants et opposants au régime Iranien ont été exécutés depuis 1981 alors que Reza Malek estime en 2008 que les prisonniers politiques exécutés pendant la seule année 1988, celle où Khomeiny ordonne l’exécution de tous les opposants politiques de la République Islamique d’Iran, atteint 33 700 personnes.

Depuis 1981, il existe un Conseil National de la Résistance Iranienne avec un parlement élu d’une partie de de l’opposition iranienne dans le monde. Cela étant dit, les pratiques quasi-sectaires des organisations appartenant au CNRI ainsi que leur manque de soutien dans la population iranienne les disqualifie en tant que candidats potentiels à la succession.

Le nucléaire iranien : changement des dynamiques de puissances régionales

Ce n’est une découverte pour personne que l’Iran considère l’Etat d’Israël comme illégitime, impérialiste et installé comme une provocation à  tous les pays musulmans alentours, plus encore pour les organisations chiites du Liban (Hezbollah typiquement). Avec la volonté d’exportation de la révolution islamique à tous les pays musulmans, Khomeiny trouve un ennemi avec l’Arabie Saoudite  qui craint pour la stabilité de son pays qui compte entre 10 et 30% de chiites. Avec la guerre Iran-Irak et le soutien direct des Saoudiens aux Sunnites Irakiens, la situation se tend et les relations diplomatiques s’interrompent. Plus récemment, à l’occasion  le régime iranien a soutenu publiquement et parfois militairement les minorités chiites présentes partout dans la Péninsule Arabique ainsi qu’au Proche et Moyen-Orient, face aux gouvernements sunnites soutenus par l’Arabie Saoudite.

La question nucléaire est centrale en Iran, au même titre qu’en France par exemple, où l’énergie nucléaire est nécessaire pour avoir des installations industrielles et une indépendance énergétique, déterminante pour un pays émergent. Cette question devient épineuse dans le milieu des années 2000 avec l’élection de conservateurs religieux, G. Bush aux Etats-Unis et M. Ahmadinejad en Iran. Les deux partageaient une idéologie néoconservatrice préconisant l’attaque préventive, l’armement rapide et les réponses militaires maximales aux questions diplomatiques, ce qui s’est manifesté des deux côtés avec les invasions Etatsuniennes dans la région et le soutien l’armement des populations chiites par l’Iran. A mesure que la situation se tend, les sanctions contre l’Iran s’intensifient de la part des Etats-Unis et ses alliés, notamment l’Union Européenne qui interdit en 2007 le commerce d’armements puis en 2012 tout commerce énergétique avec l’Iran accompagné du gel des avoirs financiers.       

Après l’élection de candidats plus modérés dans les deux pays, B. Obama en 2009 et H. Rohani en 2013, la situation nucléaire a progressé : les acteurs principaux ont, chose qui n’a pas été faite depuis longtemps, discuté des options possibles pour alléger la pression économique sur l’Iran qui commençait à suffoquer. C’est ainsi qu’un accord a été trouvé le 14/07/2015, mettant fin aux sanctions européennes vis-à-vis de l’Iran à condition de l’utilisation du nucléaire uniquement dans un cadre civil. Cet accord était donc central dans la stratégie de détente poursuivie par le multilatéralisme étatsunien et européen dans la région du Moyen-Orient, permettant aux iraniens, notamment à la population, de retrouver des produits sous embargo et faciliter les échanges.

L’importance de l’élection de Donald Trump : le retour du néo-conservatisme et l’échec des sanctions économiques  

Pendant toute la campagne, D. Trump n’a pas arrêté de marteler l’idée que le « Iran deal is a bad deal for the United States » (l’accord iranien est un mauvais accord pour les Etats-Unis) sans jamais détailler les raisons pour lesquelles cela serait. Inévitablement et sous la pression des néoconservateurs en majorité à l’intérieur du parti républicain et notamment de son conseiller John Bolton, Trump a décrété le 08/05/2018 que les Etats-Unis se retiraient de l’accord et réinstallaient les sanctions économiques contre l’Iran, notamment l’interdiction du commerce d’armement et d’hydrocarbures avec le gel de toutes les transactions en dollars et la pénalisation de la banque centrale iranienne. L’Iran a réagi en confirmant à ses partenaires européens que le pays resterait dans le cadre d’un développement civil de ses capacités nucléaires sans enfreindre les termes du traité de non-prolifération des armes nucléaires et restant sous le seuil d’enrichissement de 3,5% de l’uranium.

Après la défection des Etats-Unis, les acteurs gardant l’accord en étant de marche sont donc le Royaume-Uni, la France, la Russie, la Chine, l’Allemagne et l’Union Européenne. La France s’est contentée d’appeler au calme et de recommencer à dialoguer, remarques souvent adressées à l’Iran alors que le pays a annoncé récemment uniquement qu’il considérait l’idée de rompre les termes de l’accord. En vérité les provocations et remarques viennent du président étatsunien qui, non content de mettre en péril cet accord, a renforcé ses sanctions économiques sur le pays pour le « mettre à genou » et « asphyxier son économie pour le forcer à négocier un nouvel accord ». Outre l’efficacité très discutable des sanctions économiques (dont le but premier est de faire renégocier l’accord et le second de renverser le caractère régressif et théologique du pays), cette stratégie de montée en pression économique se soldera par des évènements militaires, dangereux pour la stabilité de la région.  

Le 13-14 mai, quatre bateaux saoudiens sont sabotés dans le détroit d’Ormuz, menant à une accusation par les Saoudiens, Etatsuniens et Israéliens d’une volonté Iranienne de reprise des velléités offensives, sans fondement ni commentaire sur le sabotage en question par aucun des pays. Les Etats-Unis répondent d’ailleurs à cette « attaque » avec la menace de mise à exécution d’un plan de déploiement de 120.000 soldats au sol en cas de relance de l’Iran de son programme nucléaire. Il faut savoir que le 8 mai dernier, l’Iran donnait 60 jours aux puissances occidentales pour respecter leur partie de l’accord et permettre aux Iraniens d’exporter leurs hydrocarbures et produits miniers, sans quoi le pays ne se sentirait plus tenu par les termes de l’accord de vienne. Pour continuer en ce sens, l’Iran a annoncé avoir abattu le 20 juin un drone étatsunien survolant l’Iran puis a commencé à se préparer à une « défense zélée de ses airs, terres, et mers », après un franchissement par la première puissance mondiale de « la ligne rouge ».

Il faut s’extraire de notre vision et comprendre la situation du point de vue iranien ; malgré les discours guerriers passés de M. Ahmadinejad, l’Iran n’a jamais eu les moyens de rivaliser militairement avec les Etats-Unis et le gouvernement sait qu’il suivrait le même sort que celui de l’Irak après 2001. Etant contesté de l’extérieur par les gouvernements en exil, cités plus haut et travaillant de manière plus ou moins proche avec les puissances Occidentales, mais également de l’intérieur du fait d’une économie toujours fragile (-4% de croissance du PIB en 2017-2018, -6% en 2018-2019 avec une inflation entre 15 et 50%), des inégalités liées à la prégnance de la pauvreté et de la poussée d’un mouvement modéré cherchant à mettre la religion à distance de l’Etat et donner plus de droits (notamment aux femmes), le gouvernement iranien se sent piégé. Sa stratégie de détente avec l’accord de Vienne de 2015 a d’ailleurs résolu une partie de ses problèmes mais le retour des sanctions met à mal cette stabilité, qui, un temps, a été retrouvée (et donc des perspectives d’avenir pour la République Islamique d’Iran et ses gouvernants).

La responsabilité française : éviter que la crise diplomatique ne devienne militaire

La France a tort de pointer du doigt le comportement de l’Iran tout en évitant de mentionner le fait que, si l’accord fini par disparaître, ce sera bien la faute des Etats-Unis, du moins de l’élite républicaine néoconservatrice, qui veut engager le pays dans une guerre que la population refuse de mener. Dans la mesure où, l’Iran a continué à suivre l’accord (jusque très récemment) en envoyant des signaux de détresse ponctuels à ses homologues européens, c’est bien à un gouvernement qui sera de plus en plus aux abois auquel le monde aura à faire. Il est encore temps pour les gouvernements européens, notamment la France, de prendre une indépendance diplomatique des Etats-Unis, au moins tant que le gouvernement étatsunien sera moins erratique et changeant sur ses positions internationales. L’émeut que l’annonce iranienne du 8 mai a provoqué au sein des hautes sphères politiques françaises est un spectacle pitoyable, entre M. Le Drian et M. Macron, il apparait clair qu’aucune action décisive de sera menée pour préserver cet accord, et plus encore, les partenaires européens considèrent que « sa poursuite (l’Accord de Vienne) dépend du plein respect par l’Iran de ses obligations ».

Je demande à ces messieurs de bien vouloir indiquer quelle aurait été leur solution miracle pour le gouvernement iranien qui voit tous les signataires européens suivre religieusement l’application des sanctions étatsuniennes alors même que de son côté, les termes du traité restent en application.

Pour éviter que la citation de Mohammed, vendeur de fruit à Téhéran « Tout est cher et la misère est partout. Tout est cher, on ne peut pas vivre. La viande est chère, le riz est cher. Ça fait un an que nous n’avons pas acheté de viande. Chaque jour ça s’empire. Je pense qu’il y aura aussi la guerre » ne devienne réalité, il en va de la responsabilité de ce pouvoir, qui a les moyens de résoudre cette crise diplomatique et d’éviter que le sang ne se verse.

Pour consulter la liste des partis politiques iraniens, intérieurs et en exil, suivre ce lien.

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